Lors d’une cérémonie traditionnelle, ce chien pompier reçoit une distinction inattendue en Lot-et-Garonne

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Un chien pompier qui reçoit un diplôme, au garde-à-vous au milieu des uniformes et des médailles… Rien que cette image interpelle. Derrière la scène touchante qui s’est déroulée à Marmande, en Lot-et-Garonne, il y a surtout une belle histoire de courage, de flair, de confiance absolue entre un homme et son chien. Et aussi une façon différente de voir le métier de pompier aujourd’hui.

Un diplôme pas comme les autres pour un héros à quatre pattes

Lors de la Sainte-Barbe 2026, la cérémonie traditionnelle des sapeurs-pompiers, un invité a volé la vedette aux humains. À côté des médailles et des uniformes parfaitement repassés, un Border Collie de deux ans, nommé Upso, se tient près de son maître, l’adjudant Alexandre Frecchiami.

Dans la cour du centre de secours de Marmande, le rituel est bien rodé. Appel des noms, décorations, discours officiels. Mais quand arrive le tour du binôme Frecchiami–Upso, l’ambiance change légèrement. Les regards se tournent vers le chien. Quelques sourires se dessinent. L’émotion est là.

Devant le colonel Pierre Hierholtz, chef de corps du SDIS 47, l’adjudant reçoit d’abord une médaille pour ses 20 ans de service. À ses pieds, son plus fidèle équipier. Puis les deux reçoivent un diplôme chacun. Pour l’homme, une reconnaissance de carrière. Pour le chien, l’officialisation de son entrée en missions. Ce n’est pas un simple geste symbolique. C’est la preuve que, dans cette caserne, un chien pompier est considéré comme un membre à part entière de l’équipe.

Qui est Upso, ce chien pompier pas tout à fait comme les autres ?

Upso n’est pas un chien « mascotte ». C’est un chien de recherche, un vrai professionnel à quatre pattes. Spécialité : retrouver des victimes disparues en milieu naturel ou urbain, ou des personnes potentiellement ensevelies.

Ce Border Collie a intégré la caserne, mais aussi la famille Frecchiami, à seulement 2 mois. Son maître explique que les pompiers choisissent souvent des chiens de berger. Ils sont proches des humains, très fidèles, vifs d’esprit. Avec l’expérience, les spécialistes voient déjà à cet âge si un chiot a le potentiel pour devenir chien de sauvetage. Capacité de concentration, curiosité, confiance, envie de jouer et de travailler avec l’humain. Tout se lit très tôt.

Depuis tout petit, Upso suit donc un entraînement régulier. Comme un jeune pompier. Obéissance, jeux de recherche, familiarisation avec des environnements différents. Bruits, odeurs, terrains instables. Son outil principal : son odorat, beaucoup plus puissant que le nôtre. L’adjudant Frecchiami le dit simplement : « On a déjà fait quelques interventions ». Derrière cette phrase modeste, il y a sûrement des histoires de personnes retrouvées à temps.

Une équipe soudée, 24h/24, au travail comme à la maison

Ce qui frappe, dans ce duo, c’est la notion de binôme. L’animal n’est pas un outil, il est un partenaire. L’adjudant Frecchiami le confirme. Entre eux, la confiance est totale. C’est indispensable, car sur une intervention, le maître doit lire chaque attitude de son chien. Une hésitation, une accélération, un changement de direction. Parfois, c’est ce détail qui fait la différence.

Mais cette complicité ne se construit pas que sur le terrain. Elle naît surtout au quotidien. Quand Upso ne travaille pas, il vit dans la famille Frecchiami. Il est entouré d’enfants, d’autres chiens. Il joue, il dort sur un tapis, il mène une vie de chien normal. Cette proximité renforce le lien. Une équipe de jour comme de nuit, dans l’action comme dans le salon.

L’adjudant n’en est pas à son premier chien de recherche. Avant Upso, il en a déjà formé deux. Il raconte qu’il voulait cette spécialité depuis qu’il était JSP, jeune sapeur-pompier. Une idée qui l’a suivi depuis ses débuts à Tonneins, en passant par l’Essonne où il obtient la spécialité cynotechnique en 2012, jusqu’à son arrivée à Marmande en 2019. On sent une vraie vocation derrière cette trajectoire.

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Un chien pompier, à quoi sert-il concrètement ?

Vous vous demandez peut-être dans quelles situations on fait appel à un chien comme Upso. Son rôle est très précis et parfois vital. Là où un groupe de pompiers mettrait des heures à fouiller une zone, un chien peut couvrir le terrain bien plus vite grâce à son flair.

  • Personnes égarées en milieu naturel : randonneur perdu, personne âgée désorientée, enfant qui s’est éloigné d’un domicile ou d’un centre de loisirs.
  • Recherches en milieu urbain : personne disparue dans une ville, dans un parc, le long d’une rivière, dans des zones difficiles d’accès.
  • Victimes ensevelies : après un effondrement de bâtiment, un glissement de terrain, ou d’autres sinistres.

Upso est amené à intervenir sur tout le Lot-et-Garonne. Et si besoin, il peut aussi être mobilisé en Dordogne. En clair, son champ d’action dépasse largement sa caserne de Marmande. Chaque année, il passe des tests d’aptitude pour vérifier qu’il est toujours en pleine capacité physique et mentale. Comme un pompier qui doit valider ses compétences.

Une caserne très active derrière cette histoire touchante

Si l’histoire d’Upso touche autant, c’est aussi parce qu’elle s’inscrit dans une réalité de terrain très dense. Le capitaine Coly, pour sa première Sainte-Barbe à Marmande, a rappelé des chiffres qui parlent d’eux-mêmes.

En 2025, le centre de secours de Marmande, ce sont :

  • 23 sapeurs-pompiers professionnels
  • 57 volontaires
  • 1 assistante
  • 6 nouvelles recrues professionnelles
  • 7 nouveaux volontaires, dont d’anciens jeunes sapeurs-pompiers
  • 2 658 interventions sur l’année

Et parmi ces interventions, 76 % concernent le secours à personne, soit 2 021 sorties. Derrière ces chiffres, il y a des accidents de la route, des malaises, des incendies, des situations de détresse parfois discrètes, parfois dramatiques. Le capitaine le souligne : « L’effort des sapeurs-pompiers de Marmande a permis de sauver plusieurs vies ». Dans certaines de ces histoires, un chien comme Upso peut être le maillon décisif.

Le chef de centre a aussi salué les jeunes sapeurs-pompiers. Ces adolescents en uniforme, qui apprennent les gestes de base, l’esprit d’équipe, le sens de l’engagement. Pour eux, voir un chien pompier recevoir un diplôme, ce n’est pas anecdotique. C’est une image qui marque. Une preuve que, demain, leur métier pourra s’exercer en binôme avec des partenaires très différents, mais tout aussi engagés.

Et après la carrière, une retraite bien méritée

Comme tout pompier, un chien de recherche ne peut pas travailler éternellement. Les années d’effort, les entraînements, les interventions de nuit, les sauts, les terrains difficiles finissent par peser sur le corps. Pour cette raison, chaque année, Upso doit passer des évaluations pour vérifier que tout va bien. Concentration, motivation, aptitude physique.

Le jour où les tests montreront qu’il ne peut plus assurer ses missions en toute sécurité, il ne sera pas « mis à l’écart ». Loin de là. Il partira tout simplement à la retraite. Et devinez où ? Dans le salon familial, chez les Frecchiami. Son maître le dit avec un sourire : il deviendra « un chien de maison ». Ce n’est pas un lot de consolation. C’est la continuité logique d’une vie entière passée à aider les autres.

On imagine très bien la scène. Moins d’entraînement, plus de siestes au soleil. Moins de sirènes, plus de promenades tranquilles. Et, toujours, les mêmes regards complices avec celui qui a partagé chaque mission avec lui.

Pourquoi cette distinction marque les esprits

Au fond, pourquoi cette image d’un chien qui reçoit un diplôme lors d’une cérémonie officielle touche-t-elle autant ? Parce qu’elle rappelle quelque chose d’essentiel. Le secours, ce n’est pas seulement des camions rouges et des lances à incendie. C’est aussi des femmes, des hommes, et parfois des animaux qui mettent leur énergie, leur intelligence, leur sensibilité au service des autres.

À Marmande, ce jour de Sainte-Barbe, Upso n’a sûrement pas compris la portée symbolique du papier qu’on lui remettait. Mais il a senti les regards, les sourires, la fierté de son maître. Et peut-être aussi cette petite vibration particulière dans l’air, quand tout le monde sait qu’il assiste à un moment rare.

Vous croiserez peut-être un jour, au détour d’un chemin ou près d’une caserne, un chien comme lui, harnais sur le dos, regard vif, truffe en alerte. Derrière ce museau, il y a des heures d’entraînement, beaucoup d’amour, et une mission très simple, mais immense : retrouver, sauver, ramener. Et rien que pour cela, cette distinction inattendue en Lot-et-Garonne semble plus que méritée.

Caroline Vasseur
Caroline Vasseur

Caroline Vasseur est specialiste du comportement animalier, diplomee d’un master en ethologie appliquee de l’universite de Rennes 1. Elle a travaille plus de 12 ans en clinique veterinaire generaliste puis en refuge pour chiens et chats. Formee aux approches positives d’education canine et feline, elle intervient regulierement en association pour accompagner les adoptants. Passionnee aussi par l’ornithologie de loisir, elle suit de pres l’actualite liee au bien-etre animal et aux nouvelles recherches comportementales. Sur chikifishi.fr, elle partage des conseils concrets et verifies pour aider chacun a mieux comprendre son animal au quotidien.

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